Présents à la réunion, en fonction de l'ordre d'arrivée
Stéphane,
moi,
David (Sniper),
Éric,
Nicolas,
Jérôme,
et Laurent, un collègue de Nicolas.
Nous avons mangé des oeufs mayonnaise, un blue-cheeseburger, un
bacon-cheeseburger, des spaghetti bolognaise, des magrets de canard,
une pièce du boucher, des nègres en chemise (dont il a fallu préciser
la recette à la serveuse, une nouvelle à la Taverne)
et des tartes aux pommes. Nous avons bu de la Beamish Red, de
la Stout, de la Kriek, de la John Bull et une margarita.
Au fil des mois, nous sommes de plus en plus nombreux à avoir lu
Higher-Order Perl,
même ceux qui ont une
file d'attente de livres importante comme Nicolas et moi.
Nicolas l'a lu, mais a craqué une centaine de pages avant
la fin. En revanche, dans la partie qu'il a lue, il a retrouvé
quelques techniques qu'il avait trouvées par lui-même après
plusieurs années de pratique, mais qu'il aurait bien aimé
apprendre plus tôt et plus rapidement par la lecture d'un livre tel que celui-ci.
Je l'ai lu jusqu'au bout, mais ce n'est pas tellement mieux
que Nicolas, car j'ai survolé le code des derniers chapitres
d'un oeil lointain.
Stéphane a acquis un exemplaire de HOP
mais il ne le lira sans doute jamais. En effet, pour
reprendre la formule
d'Autrijus,
le livre présente comment
écrire du « code structurel » (structural code)
pour contourner les limites de Perl 5. Je fais remarquer
que j'ai rencontré une autre métaphore pour ce genre de code,
à savoir du « code administratif ». Stéphane me soutient
que c'est exactement la même métaphore mais je pense que cela ne
fera pas plaisir à une secrétaire de savoir qu'elle est assimilée
à une poutrelle d'acier.
Sniper nous raconte les problèmes qu'il a eus avec la dernière
expédition de la commande chez
Barnes & Nobles.
Lorsque Barnes & Nobles expédie des livres, il y
a un premier emballage en papier, avec le détail de la commande
et l'adresse du destinataire.
Ce paquet est emballé à son tour dans un sac de toile,
qui porte lui aussi l'adressse du destinataire. Ce qui s'est
passé avec la commande de HOP,
c'est que le paquet a été interverti avec un paquet destiné à
l'université de Delhi.
Sniper a donc reçu un sac de toile avec son nom et son adresse,
lequel sac contenait un paquet avec une adresse à Dehli
et des cassettes audio de romans
d'Agatha Christie.
Il a contacté le destinataire réel des cassettes
d'Agatha Christie,
qui a bien reçu les HOP qu'il n'a pas commandés.
Mais cette personne a refusé de réexpédier les livres, car cela aurait
été à ses frais. Quant à Barnes & Nobles, après
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échanges par messagerie, Sniper n'a pas pu obtenir autre chose qu'un avoir
pour acheter de nouveaux livres chez B&N. Comme on peut s'en
douter, il n'a pas l'intention de commander quoi que ce soit chez
B&N, donc il n'a que faire d'un bon d'achat.
Il a été question des outils disponibles pour débugguer les
problèmes de
courrier électronique.
Pour ce faire, il est
très utile d'avoir le contenu complet des entêtes techniques
d'un message, chose qui intéresse assez peu l'utilisateur
moyen. Or, comme cela intéresse peu l'utilisateur moyen,
Microsoft a décidé que les entêtes apparaîtraient dans
une fenêtre occupant une place très réduite à l'écran.
Quelqu'un (Laurent ?) a ainsi de gros problèmes
pour diagnostiquer les problèmes d'acheminement des
messages. Jérôme lui donne la marche à suivre :
placer le curseur dans la zone, tout sélectionner,
puis faire un copier-coller vers Notepad. Et à ce
moment-là, on peut commencer à avoir une idée un peu
plus claire de ce qui s'est passé lors de l'acheminement.
Sniper s'est marié il y a quelques semaines. Il a été
néanmoins surpris de recevoir quelques jours plus tard
dans sa messagerie électronique un petit mot provenenant
de rigaudiere@une-societe.com. Il a même pensé à un spam
sur le moment. Il a ensuite été surpris de voir que
l'employeur de Natacha a promptement pris en compte le
changement d'état-civil. Sniper quant à lui ne s'y est
pas encore fait car il a encore le réflexe de la demander
par son nom de jeune fille lorsqu'il obtient le standard
de la société. D'autre part, quand il remplit des
formulaires d'état-civil, il continue à faire ce
qu'il a toujours fait, cocher la case « célibataire ».
Cela me rappelle une anecdote datant de
l'époque où le moyen principal de communication était le
téléphone. Un collègue, nommé Roget, qui avait épousé sa fiancée
Valérie Bertin (pour des raisons de confidentialité, les noms
sont modifiés mais les initiales sont correctes). Cela se
passait avant la généralisation du courrier électronique,
Valérie Roget avait donc déclaré son mariage
au service du personnel. Quelque temps plus tard, lorsque
la mise à jour périodique de l'annuaire téléphonique
était parue, Valérie Roget s'était aperçue que l'annuaire
téléphonique contenait :
S. Roffisi 1487
P. Roger 1565
M. Rogeria 1724
V. Bertin 1562
S. Rogin 1304
A. Roguerin 1955
T. Rogues 1466
Sniper prend régulièrement le RER B vers le sud pour aller travailler.
Un jour, d'autres voyageurs avec costard et cravate ont remarqué
Sniper en train de lire un livre sur Perl. Ils l'ont alors abordé
pour lui faire l'éloge de
VB-Script,
qui est puissant,
portable (« Windows 2000 et Windows XP » a dit un
participant à la réunion) et tout et tout. Comme on approchait des gares
desservant les Ulis et comme c'est dans cette ville que se trouve
le siège de Microsoft France, Sniper n'a pas eu de difficulté
à savoir
où travaillaient ses interlocuteurs.
Dans la même ligne, nous évoquons le programme
MVP (Most Valuable Professional)
de Microsoft. Dans le cadre de ce programme, les gens de
Microsoft essaient d'identifier sur les campus les étudiants
qui sont acquis aux idées de MS et qui tiennent un discours
semblable au discours officiel de Redmond.
Les bénéficiaires de ce programme ont droit alors à
un soutien. Par exemple, s'ils participent à un
débat où figureront des partisans du logiciel libre,
« on » leur fournira un aperçu des questions
susceptibles d'être évoquées et les réponses à y apporter.
Ils bénéficient également de divers cadeaux, comme par
exemple des billets d'avion gratuits pour San Francisco
s'ils sont particulièrement méritants. Cela dit, il est
curieux que la destination de ces billets gratuits soit
San Francisco et non pas Seattle, l'aéroport qui dessert Redmond.
Lapsus du narrateur ?
Compte tenu de la présence de Nicolas et de son collègue Laurent,
Jérôme a discuté des outils associés à
RT
(Request Tracker).
Il y a ainsi Asset Tracker
et RTFM,
un sigle
signifiant, comme vous l'avez tous
deviné, Request Tracker FAQ Manager.
Il existe un organisme international dont la tâche est de
normaliser le workflow. Perplexité des
participants à la réunion, car le workflow
est spécifique à chaque société ou chaque organisation,
donc qu'est-il possible de normaliser dans ces conditions ?
Éric nous rapporte une anecdote à propos du workflow.
Sur un site où il a exercé, la planification des tâches d'exploitation
s'effectuait en envoyant des messages à l'équipe d'exploitation.
Le message comportait un document Word en pièce jointe, ce document
Word décrivant les caractéristiques de la tâche à soumettre et
en particulier l'horaire de lancement. Il est arrivé à
Éric de répondre à certains utilisateurs :
L'option « voyage dans le temps » n'est pas disponible sur ce site.
En effet, l'horaire de lancement était passé depuis plus d'une heure.
Nous évoquons la prochaine version de Windows,
VISTA,
anciennement connue sous l'appellation
Longhorn.
Certains ont lu (dans des sites de linuxophiles ?)
que cela serait un acronyme signifiant
« Virus, Infection, Spyware, Trojan and Adware ».
D'autres rappellent que Microsoft, après
avoir longtemps critiqué les interfaces ligne de commande,
a décidé d'incorporer dans Longhorn / Vista un interpréteur de ligne de commande
appelé
Monad.
Que faire lorsque le système de fichiers stockant les fichiers logs est
quasiment plein ? Archiver les logs les plus vieux et les détruire ?
Non, il y a plus simple : il suffit de restaurer le système de fichiers
avec la sauvegarde du début de la semaine. Ne riez pas, un participant
à la réunion l'a vu faire sur un site où il a travaillé.
Lorsque je suis arrivé, Stéphane était en train de lire
The City in History
par Lewis Mumford.
L'auteur n'est peut-être pas très connu, mais ses idées le sont
puisqu'elles ont servi de point de départ pour
Marshall McLuhan,
le père de l'expression « Galaxie Gutenberg »
et de la
citation :
Le medium, c'est le message.
Pour en revenir à Mumford,
il décrit dans son livre comment la technologie influe
sur le mode de vie des habitants des villes.
Le livre permet d'apprendre que les premiers objets
qui méritent le qualificatif « manufacturés »
étaient les horloges, fabriquées dans les monastères
de l'époque et qui ont conduit les hommes à gérer leur
temps de façon précise.
Nicolas, quant à lui, est en train de lire le dernier
Harry Potter.
Donc en anglais, la traduction
n'est pas encore disponible. Au risque de dévoiler
l'intrigue, signalons que le nom de
Rogue
dans la version originale est
Snape
et que c'est un fumier.
Nicolas compte effectuer un voyage touristique en partant
d'Istanbul et à destination du Caire. Heureusement, un
certain nombre de pays sur le trajet ont été sous contrôle
de la France et il est possible d'y parler le français :
le Liban, la Syrie et, dit-il, la Jordanie. J'ai des doutes
quant à l'Histoire de ce dernier pays qui, me semble-t-il,
n'a jamais été sous tutelle française. J'évoque également
un sketch datant du début des années 70 (notez bien la période
et rappelez-vous le
contexte historique).
Ce sketch avait pour
thème le tirage des lots d'une tombola et l'un des lots
était un voyage organisé en Israël dans un car égyptien
avec un chauffeur palestinien.
Concernant Istanbul, voici l'extrait d'une conversation entre
Nicolas et Éric :
-- (N) Istanbul, c'est dépaysant.
-- (É) Ah bon, c'est rural ?
-- (N) Comment, ça, c'est rural ?
-- (É) Tu viens de dire que c'est des paysans.
En évoquant notre Tsar, Stéphane (je crois) a signalé
qu'il venait d'entamer ses vacances et qu'il avait pris
le train pour l'Australie. D'autres ont ajouté qu'il va
avoir quelques problèmes lorsque son train arrivera
au voisinage de l'Indonésie.
Il a été question de soirées bien arrosées.
C'est déjà préoccupant quand on se réveille le lendemain
matin avec un blanc dans sa mémoire, mais en plus quand
les collègues de travail nous accueille avec un :
« Alors, ça va mieux ? »
[ qui, comme chacun sait, est l'ennemi de la salutation
conventionnelle « Ça va bien ? » ]
Il n'y a pas que les soirées qui sont arrosées.
On cite le cas de personnes qui utilisent deux tickets-restaurant
par jour : un pour la nourriture et un pour la picole.
Il existe un site où l'une des consignes est la suivante :
s'il y a eu un pot le midi, il est interdit de toucher aux
serveurs de production l'après-midi.
Certains tentent d'élever la conversation en faisant un peu de
sociologie. Par exemple, ce genre d'anecdotes alcoolisées
n'existe quasiment pas en Suède. À l'inverse, les Suédois
ont beaucoup moins de réticence que nous pour évoquer le
sexe en public. Les tabous de la société suédoise ne sont pas
les mêmes que les tabous de la société française.
Quant à la société japonaise, il n'y a de tabou ni sur
le sexe, ni sur l'alcool. Il n'est pas rare de voir,
à la sortie d'un bar japonais à 11 h du soir, deux individus
en costard-cravate soutenir par les épaules un troisième
individu également en costard-cravate, mais inconscient
et dont les pieds traînent par terre « à la retourne »
(c'est-à-dire c'est le dessus de la chaussure qui est en contact
avec le sol, pas la semelle). Il faut dire que les Européens
et les Asiatiques ne métabolisent pas l'alcool de la même manière.
Alors qu'un Français ou un Suédois peut ingurgiter plusieurs
verres d'alcool et conserver sa lucidité, un Japonais est
très rapidement ivre-mort. Cela dit, un Japonais sera néanmoins plus
rapidement sur pied qu'un occidental, car s'il est tombé plus vite, il a
aussi ingurgité moins d'alcool...
Le mois dernier,
Éric a raconté qu'il tire parti de la baisse estivale de la circulation
pour se rendre à son travail à vélo. Mais entre les deux réunions,
il lui est arrivé un problème : son vélo a été bloqué
par le cadenas récalcitrant de son anti-vol. Il a donc été obligé
de reprendre les transports en commun pendant quelques jours.
Puis il a loué une meuleuse et a coupé l'anti-vol.
Lors de cette opération, il lui a fallu plus de temps pour
déployer la rallonge électrique que pour découper le câble.
Une autre anecdote sur les anti-vols. Quelqu'un avait garé
sa moto en bas de chez lui avec un anti-vol. Puis, le lendemain
matin, il avait retrouvé sa moto avec huit anti-vols
(prononcez huizantivol). Interloqué, mais sans plus,
il était parti au travail par un autre moyen de transport.
Mais le soir, à son retour, il n'a plus rien vu au bas de chez
lui, ni moto, ni anti-vol. Les voleurs s'étaient arrangés
pour bloquer la moto en attendant d'avoir suffisamment de
temps pour découper l'anti-vol légitime.
[ En fait, le narrateur m'a précisé ultérieurement
qu'il n'y avait que six zanti-vols. ]
Nicolas se déplace également à vélo. Récemment,
il a pris un sens interdit à vélo... et s'est fait
retirer 4 points de son permis. Même s'il n'y a
pas besoin de permis pour circuler à vélo, si on se fait
arrêter pour une infraction, le permis peut en prendre un
coup. Ce n'est pas la peine de prétendre que vous n'avez
pas de permis en tant que cycliste, les forces de l'ordre
peuvent retrouver le permis en consultant leurs fichiers.
On peut même se faire retirer le permis pour une
faute qui n'a rien à voir avec le code de la route.
C'est arrivé à deux amis d'un participant.
Lors d'une soirée
arrosée, ils se sont amusés avec une voiture
(en stationnement). Il en est résulté quelques dégâts matériels
couverts par les assurances. Le seul moyen que les forces
de l'ordre avaient de sévir, c'était donc de retirer le permis
aux deux personnes incriminées. Mais ce que les gendarmes
auraient bien voulu savoir, c'est comment les deux gars avaient
réussi à faire entrer un caddy de supermarché dans la malle
arrière de la voiture !
Éric n'a pas trop de problème pour aller travailler à vélo,
ça descend. Pour retourner chez lui, c'est un peu plus
dur. En particulier, la rue Saint-Jacques est « comme ça »
(avec la main étendue obliquement, l'extrémité des doigts se trouvant à quelques
deux ou trois centimètres au-dessus du niveau du poignet).
Nicolas le contredit en assurant qu'elle est « comme ça »,
avec les doigts deux centimètres plus bas que le poignet.
Compte tenu de l'anecdote rappelée ci-dessus, je demande s'il
n'y aurait pas un sens unique dans cette rue, par hasard.
Mais Nicolas la connaît par ses excursions en rollers, pas
ses déplacements en bicyclette.
Nicolas a évoqué quelques souvenirs de rollers, notamment
datant de l'époque où la promenade du vendredi soir n'était
pas encore encadrée par la police. Il a évoqué également une chute
collective où une quarantaine de patineurs se sont retrouvés
en tas sur la chaussée.
La conversation a dérivé vers le sport extrême se pratiquant avec
des rollers, des planches à roulettes ou des surfs des neiges.
Quelqu'un a tenté d'aiguiller la conversation sur
un film relatant les débuts de la planche à roulettes,
mais l'état de l'art a énormément progressé depuis cette époque
et nous nous sommes contentés de discuter de l'époque actuelle.
Mais les adeptes de ces sports ne font pas de vieux os
au sens propre : les fractures sont fréquentes
[ fractures, donc regénération du tissu osseux, donc os récents, compris le
raisonnement ? ]
et au bout de quelques années, ils sont trop usés pour
mener une vie normale, a fortiori pour
continuer à pratiquer leur sport. Dans le cas
du surf des neiges, certains se font conduire sur un sommet
en hélicoptère et profitent du trajet pour reconnaître leur
itinéraire de descente. Et là où vous voyez une paroi
quasiment verticale, ils voient une superbe pente
à 80 degrés.
Plus intéressant, il y a
Land of the Dead
de George Romero.
Pour ceux qui ont vu et aimé les
deux
films précédents
du même auteur.
On signale également un film italien de 3 heures
et demie, dans le style Bollywood. Désolé, je n'ai pas retenu le nom.