Présents à la réunion, en fonction de l'ordre d'arrivée approximatif
moi,
José,
Anthony,
Jérôme,
Éric,
Antoine,
Jerrad,
David (L),
Emmanuel,
et Sniper.
Nous avons mangé des tartiflettes, des cheeseburgers, des moules au
curry, une pièce du boucher, un pavé de kangourou, des nègres en
chemise et des tartes aux pommes. Nous avons bu de la Beamish Red, de
la Stout, de la Blanche, du Pepsi, une margarita et de l'Orangina.
José est de passage à Paris, car il suit une formation. Il est administrateur
système à Cayenne, en Guyane. Il est quasiment le seul à utiliser Perl
là-bas. Il a bien un collègue qui utilise Perl épisodiquement, mais
c'est tout.
Nous avons parlé de nos premiers pas en Perl. Pour moi, cela a consisté
à compiler Perl 5.005_02 sur AIX en 1998. Je n'ai pas eu de problème avec
./configure ni avec make. Cela s'est gâté avec
make test, j'ai eu de nombreux échecs. En examinant
quels tests avaient échoué, j'ai eu l'intuition que cela avait
quelque chose à voir avec le fait que les variables shell de localisation
étaient à fr_Fr. Je les ai positionnées à C (ou à
la chaîne vide, je ne sais plus), j'ai relancé le make test
et j'ai eu 100% de réussite. José, quant à lui, a commencé
en 2000. Son make test à lui a causé des core dumps...
Après la parution du numéro de mai de
Linux Magazine,
une discussion
a eu lieu sur un blog hébergé par
Linux-fr
dans laquelle quelqu'un se plaignait que Linux Magazine
devenait de plus en plus le magazine de Perl en France.
Pourtant il n'y avait que deux articles dans le numéro
de mai : celui de BooK et moi sur les goto
et la perle de Stéphane consacrée à l'évolution de la
syntaxe de Perl.
Et puis, nous ne sommes pas sectaires, et Linux-Mag non plus.
Si des adeptes de Python ou d'un autre langage veulent écrire
une série régulière d'articles, ils peuvent toujours
proposer leurs services à Linux-Mag.
Sniper a remis les exemplaires de
High-Order Perl
à ceux qui lui en avaient commandé.
Il en reste deux qui sont en transit entre l'entrepôt de
Barnes & Nobles
et son bureau de poste. Toute question de
boycott
mise à part, c'est plus rapide de commander par
Amazon.
Quelqu'un a ouvert au hasard son livre et est tombé...
sur la page des
tours de Hanoï.
Un classique pour les Mongueurs de Perl.
Ceux qui ont commencé à le lire ont apprécié le
début. Mais à partir du moment où
M-J.D
parle d'analyse lexicale et syntaxique, ils ont décroché.
La première fois qu'il est venu,
Jerrad
nous avait parlé d'un seul de ses modules,
Data::JavaScript.
Cette fois-ci, Il nous énuméré ses autres modules. En voici la liste, reconstituée
à partir du fichier 02packages.details.txt de CPAN.
Lors d'une réunion précédente, à propos de la recherche
et de l'achat par correspondance de livres, Jérôme nous avait
recommandé
Le Furet du Nord.
C'est toujours une bonne bibliothèque, mais plus pour l'achat
en ligne. En effet, le service d'achat en ligne est désormais assuré par
Lalibrairie.com.
Jérôme a jeté un coup d'oeil dans le source des pages HTML et il a
constaté qu'il y avait beaucoup de
Javascript,
dont du code de test.
Parmi les auteurs des pages HTML du site, on trouve un certain
« echo », mais il n'y a aucun lien avec
celui que nous connaissons.
Nous parlons de nos déboires avec le paiement en ligne.
David (je crois) évoque une commande où il avait rempli
tous les formulaires laborieusement. Mais, au moment d'envoyer
le dernier formulaire, le programme traitant ce formulaire
a planté...
Un participant à la réunion a été témoin une autre mésaventure.
L'ami de ce mongueur clique sur le bouton final pour envoyer la commande.
Puis il voit apparaître une fenêtre pop-up
qui l'avise que sa commande est enregistrée. Puis une autre,
identique. Puis une troisième. Puis... Le mongueur s'est alors
précipité pour fermer la session en catastrophe. Et lorsque
le relevé de compte bancaire de l'ami est arrivé, comme vous
l'avez deviné, il y avait une demi-douzaine de lignes identiques
représentant le paiement d'une demi-douzaine de commandes en ligne.
Sniper a vu un jour une page web dont l'auteur avait tout compris
sur le spam et sur les robots qui récoltent les adresses de
messagerie. En effet, le source HTML contenait la ligne :
<a href="mailto:toto@monfai.com">écrivez-moi à "toto (arrobase) monfai (point) com"</a>
Lorsque Sniper a voulu prévenir « toto »
que les robots n'auraient aucune difficulté à trouver l'adresse
électronique, il s'est fait agonir d'injures et il s'est notamment
fait traiter de spammeur.
Le même Sniper a reçu un jour un message dont le sujet était quelque
chose comme : « Et ça, ça te va comme sujet, enfoiré de SMTP ? »
En lisant le contenu du message, il s'est aperçu que son interlocuteur
avait envoyé le message une première fois avec comme sujet : « Hey! »
et que ce message avait été retourné à l'envoyeur par le serveur de messagerie
des Mongueurs en expliquant que le message avait été catalogué comme spam
en se basant sur le champ Subject:. Moralité : si vous
voulez écrire à un Mongueur en utilisant son adresse dans le domaine
mongueurs.net, utilisez une formule un peu plus francophone,
comme « Coucou ! ».
Que faire quand on reçoit du spam ? Envoyer une plainte
à abuse@le.fai.du.spammeur.com. Mais que faire quand
le nom de domaine n'est pas un nom de fournisseur d'accès,
mais un domaine personnel et que, en toute vraisemblance, les seules
personnes ayant une adresse dans ce domaine sont le spammeur
et ses comparses ? La
CNIL
avait créé une adresse de messagerie spam à laquelle
on pouvait transmettre les spams de ce type. Le service a été
suspendu après cinq jours, pour ajouter de nouvelles machines.
Le service a redémarré quelques jours plus tard, mais les résultats
sont décevants : la CNIL a lancé une demi-douzaine de procès,
c'est tout.
Il a été question de
Gmail
et de la manip qui consiste à utiliser sa boîte de messagerie
Gmail comme un gestionnaire de fichiers. Est-ce conforme
aux termes d'utilisation de Gmail ?
Google offre un autre service, les
Google alerts.
Avec ce service, vous communiquez une seule fois une requête à Google
et Google vous avertit chaque fois qu'un googlebot rencontre une
page web qui vérifie la requête. Typiquement, les abonnés
fournissent une requête avec leur nom et prénom.
Nous avons évoqué
l'anecdote du pire pirate de la planète.
Ce pirate s'est arrangé pour obtenir l'adresse IP de
sa future victime et il a alors détruit le contenu des
disques de la machine à cette adresse. Ah oui, il faut
préciser que l'adresse IP de la victime est 127.0.0.1.
Éric, de retour de vacances, a raconté que sa machine avait
été piratée en son absence. L'intrusion s'est produite
alors qu'il embarquait dans l'avion du départ...
C'est ainsi qu'au retour, il a constaté la présence de 15 Go
de films .avi sur sa machine.
David a évoqué un
article
de Sysadmin Mag
expliquant comment avoir un routeur impossible à pirater.
C'est simple, il suffit d'effectuer un shutdown.
Cette commande exécute un certain nombre de tâches
comme l'arrêt des processus utilisateur, la fermeture des
fichiers log, le démontage des volumes. En revanche,
cela n'arrête pas le fonctionnement du processeur, de la
mémoire et des cartes réseau tant qu'il y a du courant.
Donc, le processeur continue à transmettre les paquets
IP conformément à la configuration chargée avant le
shutdown, mais il est impossible d'altérer
cette configuration ou quoi que ce soit d'autre.
Quelqu'un (Jérôme ou David) rappelle qu'il y a un descripteur
de fichier associé à chaque socket ouverte. Donc, sur
un Linux normal, on est limité à 4096 sockets
par machine, tous processus confondus. Du coup, lorsque
l'on installe un serveur, il est parfois souhaitable
de recompiler le noyau en modifiant le fichier qui
spécifie cette limite.
Nous avons évoqué les clusters d'ordinateurs. Quelqu'un a défini un cluster
comme un endroit où plusieurs ordinateurs sont rassemblés.
Comme je lui ai signalé, cette définition s'applique à un magasin d'informatique.
Il a donc ajouté : « ordinateurs interconnectés ».
Jérôme a donné quelques précisions, notamment la distinction entre
les « clusters haute disponibilité » et les
« clusters haute performance ». Le mode de fonctionnement
n'est pas tout-à-fait le même selon que l'on recherche la permanence
du service ou la performance. Les clusters haute performance
sont également appelés « fermes de calculateurs »
[ expression que je déteste, car j'estime que c'est une
traduction à la va-vite de computer farm ;
cela n'a rien à voir avec une exploitation agricole, pas plus que
la tank farm que les Japonais ont négligé de
détruire à Pearl Harbor le 7 décembre 1941.
]
La solidarité existe chez les ordinateurs. On cite l'exemple de deux
PC Windows montés en cluster. Lorsque l'un des deux plante, l'autre
affiche un écran bleu et cesse de fonctionner par solidarité.
Jerrad demande si tous les administrateurs système en France sont des
BOFH.
Il était en train de travailler sur un serveur et il avait
légèrement dépassé son quota : 20 Go dans /tmp
alors qu'il n'a droit qu'à 5 Go. Puis, tout d'un coup,
plus rien dans /tmp. Il ne s'agit pas comme on lui a
suggéré d'une tâche automatique de nettoyage. Il a vérifié
avec la commande last, la purge correspond à une
connexion de root sur le serveur.
[ Mais rassure-toi, Jerrad. Il n'y a pas que des BOFH en France,
il y a aussi des administrateurs incompétents. Il y a même
des administrateurs compétents et serviables.
]
En fin de soirée, Jérôme, David, Emmanuel et Éric ont sorti
leurs portables pour vérifier quelques trucs, accéder au wifi,
montrer un nouveau programme à son voisin, etc. David a notamment
fait apprécier la légèreté de son portable à plusieurs
participants. Mais le plus fier, ou plutôt celui qui adoptait
une attitude la plus proche d'une fierté sans bornes,
c'était Éric avec son iBook. Il nous a fait remarquer
que le fonctionnement de cette machine se rapproche
de celui des réfrigérateurs : il s'allume automatiquement lorsqu'on
l'ouvre et il s'éteind lorsqu'on le ferme. Lorsqu'il est
fermé, une lumière sur la tranche se met à clignoter pour montrer
que la machine n'est pas éteinte mais simplement en veille.
Mais on sent que ce n'est pas n'importe quel clignotement, c'est
un clignotement soigneusement étudié. La loupiote passe progressivement
de l'état éteint à l'état allumé. De même, l'extinction est
progressive et à une vitesse différente de l'allumage.
D'autre part, si l'on regarde la face inférieure du iBook,
on remarque que la batterie comporte cinq témoins lumineux
pour indiquer le niveau de charge de la batterie.
Emmanuel nous montre son nouveau téléphone portable.
Il s'ouvre par la tranche et laisse alors apparaître
un minuscule clavier QWERTY et un écran couleurs.
Tout ce qu'il faut pour se passer d'un PDA.
Emmanuel l'a reçu grâce à un copain de son père
qui est le représentant de
Nokia
pour toute l'Afrique. Perl n'est pas installé
sur ce téléphone, parce que le processeur à l'intérieur
est un processeur de modèle je-ne-sais-plus-quoi-tiret-80,
alors que
Jarkko Hietaniemi,
qui travaille chez Nokia Finlande,
a créé les binaires pour les téléphones munis d'un
processeur le-même-code-tiret-60.
Éric a pris les deux super-joujoux, son iBook et le
téléphone d'Emmanuel et a commencé à faire des
transferts de l'un à l'autre avec Blue Tooth.
Nous avons évoqué également un téléphone portable
qui n'a pas eu beaucoup de succès. Pour pourvoir
l'utiliser, il fallait le placer sur la tranche
contre l'oreille et la joue, au lieu de l'appliquer
à plat comme tous les autres téléphones portables.
Emmanuel évoque une mission à Strasbourg, où il avait dû
remplacer au pied levé un dirigeant de sa boîte. Il était
donc parti avec le billet de train de son chef, c'est-à-dire
un billet de première classe. Le luxe !
La seule chose qui manquait dans le compartiment de première
classe, c'était une prise de courant pour alimenter l'ordinateur
portable. Jérôme donne des conseils pour le TGV : en
occupant le strapontin près des toilettes, il est possible
de brancher l'alim du portable sur la prise rasoir des
toilettes. Quelqu'un lui rétorque que c'est dangereux,
car la tension dans cette prise n'est pas stabilisée
et un pic de tension risque fort d'endommager l'appareil.
Éric nous a montré la
publicité d'Apple
pour le lancement
du Macintosh en 1984. Le slogan était à peu de chose près :
Grâce à nous, vous verrez que
1984
ne ressemble pas à
1984.
On y voit un écran avec Big Brother, on y voit des individus ternes et gris
prendre place pour assister à une séance de propagande et d'endoctrinement
par Big Brother, on y voit une escouade de police anti-émeute poursuivant une
jolie fille portant des vêtements aux couleurs vives et armée d'un marteau ou
d'une masse. Et la fille parvenait à échapper aux policiers anti-émeute et
à briser l'écran diffusant le discours de Big Brother.
Puis Éric nous a montré une
contre-publicité,
datant de 2004, suite
à l'introduction de l'iPod. La mise en scène est la même que dans la publicité
de 1984, sauf que les individus gris ont tous un iPod sur les oreilles,
que les policiers anti-émeute ont une silhouette féminine et que de long
cheveux blonds s'échappent de leur casque et que la fille armée d'une
masse est remplacée par un gars rondouillard, mais avec les mêmes
vêtements colorés et la même masse. Et hélas, le rebelle n'arrive pas
à briser l'écran de Big Brother et à libérer les esprits de l'emprise d'Apple.
Jerrad ne connaissant pas la revue, Éric lui explique que la
lecture permet de connaître les mots et les acronymes
à la mode et qui font plaisir aux décideurs pressés.
Quoique, on a parfois des surprises. Par exemple, un autre
participant a entendu un décideur pressé parler du langage
HTLM.
Était-il question du
protocole d'authentification NTLM de Microsoft ?
Toutefois, certains « costards-cravates » peuvent surprendre.
Éric en a vu quelques-uns, dans le métro, avec costume et cravate, ainsi
que la sacoche reçue lors d'une conférence corporate.
Quand tout-à-coup, il a entendu le mot « Debian » prononcé
par un membre du groupe.
Jérôme nous raconte un incident qui date de l'époque où une armoire contenait un ordinateur,
pas N ordinateurs en rack. Jérôme avait lancé un traitement
de longue durée puis était aller vaquer à d'autres occupations.
Il est revenu voir le résultat de sa tâche et a constaté que la console
ne lui avait pas rendu la main. Quelqu'un est allé voir en salle machine
et a constaté que l'ordinateur s'était arrêté. Que s'était-il passé ?
Compte tenu du volume de composants, qui requérait rappelons-le une armoire
complète, l'ordinateur comportait un ventilateur suffisamment important et
suffisamment puissant. Le ventilateur comportait des pales vissées autour
d'un moyeu et était protégé par une grille. Or, l'une de ces pales
était partiellement dévissée et, selon l'expression imagée de Jérôme
« faisait des copeaux ». Au bout d'un certain temps,
le ventilateur a cessé de fonctionner, la température s'est élevée et
l'ordinateur s'est mis hors service pour éviter la surchauffe des
composants.
José évoque ses activités extra-professionnelles. Il aime bien
aller se promener dans la nature, dans des coins où les touristes
ne vont pas. Il aime bien les ballades en pirogue, les parties de
pêche, tout ça. Je lui fait remarquer que la forêt guyanaise
n'est peut-être pas aussi hospitalière que les forêts
de la France métropolitaine. Il admet que camper en Guyane
nécessite un peu plus de précautions que camper en métropole,
mais il ne faut pas se faire de souci pour une simple ballade en forêt.
Un autre centre d'intérêt, c'est le cinéma. En particulier le cinéma
oriental : Japon, Corée, même l'Inde. Il me cite quatre
réalisateurs coréens, surnommés « les quatre dragons »,
mais je n'ai retenu que le nom de
John Woo,
qui travaille maintenant aux États-Unis. Je dois avouer une certaine inculture
sur ce sujet. Je n'ai vu qu'un seul film de John Woo,
Windtalkers
et aucun film d'un autre réalisateur coréen.
Lorsque j'évoque la scène de Windtalkers
où un Américain et un Japonais sont face à face, le bras tendu
et pointant chacun un pistolet à deux centimètres du visage de l'autre,
José me dit que c'est une scène que l'on retrouve dans tous les
films de John Woo. Il me signale également que
Matrix
est fortement inspiré des films de John Woo, notamment l'allure
des héros, avec le long manteau et les lunettes noires.
Puisque nous parlions de cinéma, José me demande quel est le dernier
film que j'ai vu. En fait, cela fait un certain temps que je n'y suis
pas allé et le dernier film que j'ai vu est
la Chute.
Je ne comprend pas pourquoi il y a eu une telle polémique
autour de ce film. Même s'il montre qu'Hitler pouvait adopter
une attitude aimable vis-à-vis de son entourage, le film
ne cache pas qu'Hitler professait de la haine
contre les Juifs et qu'à ce stade de la guerre, il
faisait peu de cas de l'avenir de l'Allemagne et de la
vie des Allemands. En fait, comme l'explique Anthony,
dès qu'il est question d'Hitler, cela génère une polémique.
Je fais part à José et Anthony d'une réflexion que je me suis faite
il y a quelque temps. Si l'on voit quelqu'un lire
Mein Kampf dans le métro ou dans le
bus, comment les gens réagiraient-ils ?
Si le lecteur a le look néo-nazi, bon, pas de doute à avoir.
En revanche, si le lecteur a un look plus commun, José
et Athony partagent mon point de vue :
peut-être que ce lecteur est un étudiant qui prépare un
mémoire sur l'Allemagne de l'entre-deux-guerres,
peut-être s'agit-il d'un amateur d'histoire qui cherche
à comprendre pourquoi un individu comme Hitler a réussi
à entraîner un peuple entier dans une telle voie.
Toujours est-il que nous pensons que lire un livre ne
signifie pas forcément être d'accord avec les idées
professées dans ce livre. Je ne suis pas sûr que
la majorité des Français pensent comme Anthony, José et moi.
À signaler que José et Anthony ont cru un moment que je parlais
pour mon cas personnel. En fait, le jour de la réunion,
j'étais en train de lire un roman
d'Isaac Asimov,
les Dieux eux-mêmes.
Je n'ai jamais lu Mein Kampf et, au moins
dans un avenir proche, j'aurai pas l'occasion de le lire.
José explique que le succès d'Hitler dans sa propagande
n'est pas tellement dû à son livre, mais plutôt au fait
qu'il est arrivé sur la scène politique à une époque où
la radio était reine. La radio a ceci de différent
des meetings politiques et de la télévision qu'on n'y
voit pas l'orateur. Le public est donc confronté
au discours de l'homme politique et seulement à son discours.
Par conséquent, l'auditeur est plus imprégné par les
idées exposées dans le discours que le spectateur
d'un meeting ou le téléspectateur.
Anthony fait remarquer qu'Hitler n'est pas le seul à faire
de la propagande. Tout le monde fait de la propagande.
Les hommes politiques font de la propagande pour se faire
élire, les publicitaires font de la propagande pour vendre
tel ou tel produit, un employé fait de la propagande auprès
de son patron pour qu'il augmente son salaire...
[ Quoique, si le mécanisme est identique, il y a quand
même une différence dans le but recherché entre obtenir
quelques dizaines d'euros par mois en plus et provoquer
la mort de millions de juifs, de tziganes et de noirs...
Et je ne pense pas qu'Anthony mette ces deux individus
dans le même panier. ]
Anthony enchaîne sur le fait que les mots ne signifient pas
toujours la même chose selon celui qui parle ou selon les
circonstances. Par exemple, « Il fait beau »
n'a pas la même signification selon que c'est un Breton
comme lui ou un méridional qui énonce cet avis. Même les
statistiques ont une interprétation sujette à caution.
J'évoque alors un livre
dont j'ai déjà parlé
à l'époque où Anthony ne participait pas encore aux réunions,
La forme scientifique du mensonge ?.
Voici un extrait de la quatrième page de couverture,
présentant un exemple de statistique :
En 1969, il y avait en France 7 700 000 ouvriers,
il y eut 1 248 condamnations pour crimes en cours
d'assises, parmi lesquelles 696 contre des ouvriers. Voilà des
chiffres bruts ; et maintenant, transformons ce chiffres
en pourcentages.
Version no 1 : Les ouvriers français sont particulièrement
respectueux des lois puisque moins de 0,01 % d'entre eux a été condamné
pour crimes.
Version no 2 : Les ouvriers français sont d'abominables
criminels puisque plus de 55 % des personnes condamnées par les
cours d'assise sont des ouvriers.
Éric est enfin revenu de vacances. Certains ayant
rappelé son message d'absence sur son répondeur,
je fais remarquer que ce n'est peut-être pas
judicieux de laisser cette information sur son
répondeur téléphonique ou sur une réponse automatique
de messagerie électronique, là où un cambrioleur potentiel
peut la trouver sans difficulté (et José signale que l'intrigue d'un
film coréen,
Locataires,
est basée sur cet élément entre autres). Éric répond que
des amis occupaient son appartement lorsqu'il était en vacances.
C'est bientôt la sortie de
l'épisode 3
de la Guerre des Étoiles.
De plus, une convention de S-F consacrée à cette série est
prévue ces jours prochains à Paris. Nous allons donc
voir circuler des émules de Darth Vader, avec cape noire,
casque intégral de la même couleur et sabre laser.
Il paraît que l'on peut acheter des sabres laser sur
Internet. L'un des modèles coûte 800 euros et pour ce prix,
on n'a que le manche, on n'a même pas la fibre optique qui
doit simuler le rayon laser.
Il y a (ou il y a eu) quatre X-wings à vendre sur
e-bay.
Mais, précise Jérôme, il ne sont pas en état de vol.
Il s'agit de maquettes utilisées par George Lucas
pour le tournage des épisodes précédents.
Jerrad signale que quelqu'un a donné la méthode pour
faire la maquette d'un X-Wing à partir d'une pince
à papiers. Il a eu du mal à nous expliquer cela,
car il ne connaissait pas la traduction de
clip-binder
(à moins que ce soit
binder-clip).
Il nous a expliqué
qu'il s'agissait d'un trombone en plus puissant,
donc je suppose qu'il s'agit d'une pince à papiers.
Sniper raconte qu'il a décidé de participer à un concours
organisé à l'occasion de la sortie du film. Il faut répondre
à des questions de culture générale sur les films déjà sortis.
Comme il n'était pas sûr de tout connaître sur le sujet,
il s'est connecté sur un canal IRC pour demander les réponses
qui lui manquaient. Il pose la question : « qui a donné
son sabre laser à Luke Skywalker ? ». Son écran se
met alors à défiler et il lit, sur trente-cinq lignes consécutives,
la réponse : « Obi-Wan Kenobi ». Il pose une autre
question : « Parmi les trois modèles de vaisseaux spatiaux,
lequel n'apparaît dans aucun film : B-Wing, X-Wing... » et il
n'a pas eu le temps de finir que plusieurs personnes avaient
répondu « B-Wing ». Pour la petite histoire, le B-Wing
apparaît dans les jeux tirés de la série, mais pas dans les
films eux-mêmes.
Il y a eu une occasion où David a amèrement regretté de ne pas
avoir d'appareil photo sous la main. Il était en Allemagne
et il voit un bus portant, en lettres immenses, une publicité
pour un certain Thomas Fücker (avec un umlaut sur le « u »).
Pour un germanophone, c'est un nom tout ce qu'il y a de plus
normal. Mais pour un anglophone, si l'on ne tient pas compte de
l'umlaut, il y a de quoi s'amuser en voyant ce mot écrit
en grand sur le flanc du bus !