La voix du secrétaire (Jean), avec l'aide de Stéphane
Présents à la réunion, en fonction de la disposition autour de la table
qui équivaut à peu de choses près à l'ordre d'arrivée
Stéphane,
moi,
Alexandre,
Théo,
Sébastien,
Kai,
David (L),
Charles,
Olivier,
Jérôme,
et Nicolas.
Nous avons mangé divers plats thaïlandais, dont
les « larmes du Tigre » (c'est tellement
bon que le tigre pleure pour en avoir de nouveau)
et les « larmes du porc » (c'est tellement
bon que le porc miaule pour en avoir de nouveau).
Il y avait également du riz parfumé et du riz sauté
thaïlandais. En revanche, la sauce n'a pas été
appréciée de tout le monde. Quelqu'un l'a même
comparée à de la mauvaise harissa diluée, alors
qu'il s'attendait à quelque chose de bien épicé,
comme il est de coutume dans la cuisine thaïlandaise.
Côté boissons, c'était des bières tout ce
qu'il y a de plus européen : Heineken,
Leffe, etc. Plus deux Oranginas.
Stéphane s'est mis à
Rakudo
Pour ceux qui ne savent pas ce que cela signifie,
Séphane rappelle
l'étymologie,
C'est une contraction de rakuda-do,
qui signifie « la voie du dromadaire »
mais c'est également un terme japonais
qui signifie « paradis ».
Parmi les expériences auxquelles Stéphane s'est adonné, il y
a le test pour savoir à quelle classe appartient undef.
Lorsqu'il en a été question dans la
communauté Perl 6,
la première réaction de Larry a été de dire que
undef appartient à la classe Undef.
Mais il a changé d'opinion et maintenant, il trouve
plus approprié de faire appartenir undef à
la classe Failure. Toutefois, Stéphane
nous montre ce qu'en pense Rakudo. Il est très perturbé
par les parenthèses :
sayundef.WHAT;# erreur de compilationsayundef().WHAT;# affiche Undef au lieu de Failuresay(undef).WHAT;# affiche également Undef au lieu de Failure
Stéphane est intervenu sur un autre point du design de Perl 6,
à savoir, le passage de paramètres lors de l'appel d'une fonction.
Il a trouvé un cas de figure qui n'était pas encore prévu.
Alors qu'il a toujours dit que la
syntaxe de passage de paramètres
était over-engineerée, voilà que c'est à cause de lui
que Larry ajoute un twigil (combinaison de
deux sigils). Là où Stéphane est le plus fier,
c'est que pour cette nouvelle fonctionnalité, Larry a utilisé
le « : ». Or il existe, chez les Perl-5-Porters
et dans le milieu Perl 6 un dicton,
Larry gets the colon.
(« C'est Larry qui a les deux-points »). Cela dit,
il y a une ambiguïté légèrement scatologique sur cette traduction.
Je vous laisse deviner...
David nous a montré le graphe de ses déplacements en
Vélib'.
Jusqu'à récemment, un abonné pouvait récupérer sur le site
Vélib'
la liste de ses itinéraires. David les téléchargeait
et les faisait digérer par Graphviz. L'un des deux graphes
qu'il nous a présentés montre les itinéraires qu'il
adopte le plus souvent, l'autre nous montre le temps
moyen de chaque itinéraire.
Une partie de l'activité de Stéphane en ce moment, c'est la
refonte du site web d'un zoologue qui s'occupe de gorilles
au Congo. Le site comporte, si je me souviens bien, 40 Go
de films avec des gorilles. Si Stéphane avait essayé de les
télécharger depuis son domicile, cela lui aurait pris,
selon les calculs d'Alexandre, quelque chose comme 10 ou
20 jours. En fait, Stéphane s'est débrouillé autrement :
il est parti de chez lui, avec un disque dur amovible sous
le bras. Il est allé rendre visite à Alexandre, qui travaille
chez Free. Ce dernier a
branché le disque sur sa machine, puis a lancé le transfert
vers la machine Dedibox qui héberge le site web. C'est allé beaucoup
plus vite, cela n'a pris que quatre heures !
Il aura plus de mal pour récupérer les textes de l'ancien
site web. En effet, c'est du
mediawiki
mais d'une version ancienne, donc quasiment impossible
à traiter via une sauvegarde sur support externe.
Profitant des derniers ampères-minutes de la batterie
de son MacBook, Stéphane nous a montré l'un des films
sur les gorilles, tourné dans le
Parc national des Virunga,
qui se trouve au Congo, près de la frontière avec le
Rwanda et l'Ouganda.
Les gorilles que l'on voit dans ce film sont assez peu agressifs.
Les charges de gorille que l'on voit dans
Gorilles dans la Brume,
c'est du Hollywood, c'est-à-dire que la réalité
cède facilement la place au spectaculaire.
L'article de Wikipedia
sur les gorilles des montagnes explique que le film a été
tourné avec des gorilles des plaines orientales,
nettement plus belliqueux.
On peut observer que dans un groupe, le mâle dominant
a le dos blanc. Comment cela se traduit-il lorsqu'un
mâle dominant meurt et est remplacé par un nouveau mâle ?
Le nouveau est-il choisi parmi ceux qui ont déjà un dos
blanc, ou bien son nouveau statut de dominant lui provoque-t-il
une décoloration de la fourrure dorsale ?
L'étude des gorilles est effectuée, bien sûr, par des
zoologues de formation, ou par des zoologues
autodidactes comme celui qui a chargé Stéphane de la refonte
du site web. Mais l'étude des gorilles profite également
des observation des gardes des parcs nationaux.
C'est un peu comme pour l'astronomie : la science
progresse en grande partie grâce aux nombreuses observations
des amateurs, elle progresserait beaucoup moins vite si
l'on se limitait aux observations des quelques professionnels.
Hélas, il y a également des braconniers dans cette partie
du Congo. Nous en avons d'ailleurs vu (de dos) dans le film
que Stéphane nous a présenté. Ces braconniers proviennent
de milices rebelles
ou bien de populations déplacées (notamment rwandaises), qui
ont perdu leur moyens de subsistances dans leur fuite et qui
tentent de survivre grâce au braconnage. Les gardes des parcs
naturels sont assez souvent victimes de ces braconniers. Depuis
1994, 220 d'entre eux ont été tués par les braconniers.
L'ami de Stéphane s'occupe des orphelins de ces gardes,
entre autre pour leur alphabétisation.
Ces braconniers chassent également les hippopotames. Du coup,
l'écosystème du lac Albert, qui repose sur les déjections des
hippopotames, est complètement déréglé. La population de poissons
diminue dans des proportions importantes et les pêcheurs
trouvent à peine de quoi faire survivre leur propre famille,
sans même envisager de vendre leur pêche.
Un autre dérèglement, c'est celui de l'économie locale.
Certaines organisations humanitaires croient bon
d'importer du riz dans la région et de le distribuer
aux nécessiteux, en parcourant la contrée dans leurs
4x4 . Le zoologue de Stéphane préfère, quand c'est
possible, acheter des produits
agricoles aux agriculteurs locaux, pour les donner
aux personnes qui ne peuvent pas se les payer.
Kai nous évoque les groupes auxquels il est inscrit sur
Facebook.
L'un de ces groupes milite pour la limitation
de vitesse à 30 km/h dans Paris, ce qui permet
de protéger les humains contre les machines.
Le restaurant étant à deux pas de la mairie du 3e
arrondissement, on peut capter le wifi depuis la salle de
restaurant. Certains ont essayé, en tendant leur portable
dans toutes les directions, pour déterminer dans quelles
conditions la réception était la meilleure.
Comme toutes les mairies, la
mairie du 3e
propose le wifi.
Mais à l'inverse des autres mairies, la mairie
du 3e a aménagé un couloir pour les internautes,
avec des tables, des chaises et des prises électriques.
Mais, signale Stéphane, c'est toujours bondé, il est
difficile de trouver une place libre.
À propos du wifi, quelqu'un a cité
l'avis
de Bruce Schneier
concernant les points d'accès chez les particuliers.
Il pense que cela ne sert à rien de bloquer les accès,
il faut laisser le champ libre aux passants qui tentent
d'accéder à Internet avec leur portable. Et si ces personnes
téléchargent des fichiers illégaux, vous pourrez toujours
vous défendre en expliquant que ce n'est pas vous qui
avez téléchargé ce fichier. Évidemment, si le fichier
se trouve bien rangé sur votre disque dur, votre argumentation
risque de ne pas aboutir.
Il a été question de quelqu'un qui avait installé, entre
autres packages, un gestionnaire de blog
sur sa machine. Or, le logiciel avait une faille de
sécurité, ce qui permettait à des gens extérieurs
de stocker des fichiers dans ce blog, sans que ces
fichiers soient visibles. Bien sûr, le contenu de
ces fichiers était illégal. L'individu en question
s'est aperçu du problème lorsqu'il a constaté des
transactions louches dans ses journaux HTTP.
En se renseignant, il a appris l'existence de la faille
du logiciel de blog. Sans se poser plus de questions,
il a lancé un rm -rf sur le répertoire
du gestionnaire de blog.
Stéphane évoque un logiciel pour Mac OS-X,
GL console. À première vue, cela permet d'avoir un shell
et une ligne de commande, comme un
xterm banal. En fait, la fenêtre cherche
à imiter les anciens terminaux Unix que les plus
vieux d'entre nous ont (un peu) connus. Vous pouvez
choisir un affichage en vert sur noir, ou bien en
orange (ou « ambre », comme ils disaient)
sur fond noir. Vous pouvez avoir également un affichage
légèrement incurvé sur les côtés. Vous pouvez même
fixer la vitesse de transmission à une valeur typique
des années 1970, comme 300 bauds. Cela me rappelle
mes premiers pas sous
vi,
lorsque je faisais
défiler l'écran. Au lieu d'un réaffichage complet
de l'écran, on voyait très distinctement que
la partie haute de l'écran s'effaçait et que la partie
basse remontait. vi
envoyait à la console des séquences de contrôle
pour effacer les lignes du haut et pour déplacer les lignes
du bas, c'était plus rapide que de renvoyer la totalité
du contenu de l'écran.
David signale à qui veut l'entendre qu'il aimerait
bien avoir une machine avec une capacité de stockage
de quelques
yotta-octets.
Quelqu'un peut-il
l'aider ?
Qui se souvient des ordinateurs
Cray
des années 80 ?
Vous savez, ceux qui avaient la forme d'une banquette
de hall d'aéroport ? Comme les salles informatiques
sont des lieux nettement plus calmes et discrets que les
halls d'aéroport, il a dû se passer certaines choses
évoquées dans
un article
du Register
et ses commentaires.
La conséquence logique de ces allusions est l'interrogation que
formule Stéphane : y at-il eu des bébés conçus sur un Cray ?
De telles personnes doivent avoir aux alentours d'une vingtaine
d'années maintenant.
Il a été beaucoup question de films de cinéma.
Stéphane nous recommande
peur(s) du noir,
une série de courts-métrages d'animation. N'est peut-être pas
destiné à un public trop jeune.
Plus polémiques, des films sur les guerres dans lesquelles
sont impliqués les États-Unis. Il y a
Les Lions et les Agneaux,
sur la guerre en Afghanistan, avec Robert Redford. Ceux qui
l'ont vu n'ont pas tellement aimé. Il y a
La Guerre selon Charlie Wilson,
qui se passe également en Afghanistan, mais à l'époque où
les occupants étaient soviétiques et où les américains
soutenaient les résistants. Il y a enfin
la bataille de Haditha.
L'argument de ce film est l'assassinat d'un soldat
américain et les représailles de ses camarades
contre les Irakiens. Le film présente le point
de vue des trois groupes de protagonistes : les terroristes,
les soldats américains et la population irakienne. Mais il ne
prend pas partie. Et on ne peut que constater que
la population irakienne n'a rien à gagner dans cette
affaire. Quoi qu'il arrive, cela sera toujours elle
qui « morflera ».
Il a été question également de
No Country for Old Men
des frèresCoen.
« Si vous avez aimé
Fargo,
vous aimerez No Country for Old Men. »
En effet, c'est quasiment un remake, qui
prend place à la frontière avec le Mexique au lieu de la
frontière avec le Canada
[ Et ceux qui ont aimé les paysages enneigés de Fargo,
ils aimeront aussi No Country for Old Men ? ]
Un autre film dont il a été question est celui de
Ken Loach,
It's a Free World....
Là encore, la conclusion est déprimante. On y voit
une femme qui travaille et qui met beaucoup de bonne
volonté pour réussir, mais qui s'enfonce dans les dettes.
Finalement, il y a
Astérix aux jeux olympiques.
David y est allé avec ses trois enfants, qui ont bien
aimé. Quoique, son aînée a avoué après le film,
« Il y avait parfois des passages plutôt nuls. »
En enchaînant sur les déboires du cycliste Kai dans
la circulation automobile parisienne, David (je crois)
raconte un incident qu'il a vu sur l'autoroute
A15. À un moment, il y a eu un ralentissement,
lequel était d'ailleurs plus marqué sur la voie de gauche
que sur les autres voies. Un peu plus loin, il a
compris la raison. Un automobiliste, roulant sur la
voie de gauche, avait mal pris l'attitude du
conducteur qui le suivait. Il avait alors décidé
d'arrêter en pleine voie, de descendre de son
véhicule, et d'envoyer des « coups de latte »
dans la carrosserie de la voiture qui le suivait.
Compte tenu du lieu dans lequel nous nous sommes
réunis, nous avons parlé des restaurants asiatiques.
Par exemple, le
bistrot de Mme Shawn
est un restaurant thaïlandais, mais contrairement aux usages thaïlandais
on nous propose des baguettes en plus de la fourchette
et du couteau. D'autre part, comme cela a été signalé
au début, les sauces n'étaient pas suffisamment épicées, en
comparaison à ce que l'on peut trouver en Thaïlande.
Si la
cuisine thaïlandaise
est épicée, ce n'est rien à côté de la
cuisine coréenne.
Nous sommes deux à avoir mangé dans un restaurant coréen, moi et
je ne sais plus qui. Dans mon cas, c'était tellement épicé que
je n'ai pas réussi à finir le plat. L'autre personne
a trouvé également que la cuisine coréenne était
l'une des plus épicées qu'il connaisse.
En revanche, Kai a déjà goûté au
kimchi,
la spécialité coréenne, à base de
chou macéré ou fermenté. Et il aime bien.
Il compare le rôle culturel du kimchi
à celui des fromages français :
c'est un plat « qui pue » mais
qui est incontournable pour les habitants.
Je signale avoir lu dans la littérature
américaine l'expression in deep kimchi,
pour dire « enfoui dans les problèmes jusqu'au cou »,
mais Kai n'a jamais rencontré cette expression.
Si Kai aime bien le kimchi, il est plus réticent vis-à-vis
du natto
de la cuisine japonaise.
Dans un restaurant japonais,
il a demandé à la serveuse si ce plat était bon,
mais la serveuse lui a dit que non, ce n'était vraiment
pas bon. Il semble que ce plat soit une spécialité
régionale et non pas nationale au Japon et la serveuse venait d'une
autre région du Japon, avec des goûts gastronomiques
nettement différents.
On remarque que de plus en plus, les restaurants
chinois proposent des plats de la cuisine japonaise.
Est-ce parce que les plats japonais sont souvent
plus chers donc plus rentables que les plats chinois ?
À un moment, Stéphane a fait un lapsus, en parlant de
la mairie du 13e, juste à côté. Sans doute
le lapsus a-t-il été causé parce que le quartier
où l'on situe les restaurants asiatiques est le
13e arrondissement. En fait, le premier
quartier chinois de Paris était situé aux alentours
de la gare de Lyon. Il y a même, paraît-il, une plaque
commémorative à ce sujet. Il y a toujours quelques chinois
dans le quartier, mais ils vendent de l'informatique plutôt
que fournir à manger. Et un autre quartier chinois est
en cours d'émergence, dans l'espace entre les voies ferrées
de la gare du Nord et celles de la gare de l'Est.
Il paraît qu'une expérience est en cours pour favoriser
la fréquentation des musées. Ainsi, le
Conservatoire des Arts et Métiers,
le Musée Guillemet
et le Musée de l'Air et de l'Espace
(le Bourget)
sont gratuits pour quelques mois.
[ Toutefois, je n'ai rien trouvé sur le web
confirmant cette information. ]
Certains participants proposent de financer les
musées en instaurant une taxe d'un euro par nuit
d'hôtel. De la sorte, les touristes cultivés y gagneraient,
leurs visites au musée étant financées par ceux qui
se déplacent pour affaires et ceux qui viennent
en France pour aller voir
Mickey
à Marne-la-Vallée.
Quand j'ai évoqué
Marne-la-Vallée,
on m'a cité
un visiteur célèbre récent, Nicolas (pas le Mongueur,
mais l'hôte actuel de l'Élysée), qui y est allé
paraît-il avec Carla. Cela rappelle à quelqu'un
un devinette qui fait fureur en ce moment :
Quelle est la différence entre Sébastien Loeb
et Nicolas ?
Pour vous laisser chercher, voici la réponse
cryptée :
Fronfgvra Ybro rfg yr cerzvre n rger neevir n Zbagr-Pneyb,
gnaqvf dhr Avpbynf rfg yr qreavre n rger
neevir n zbagre Pneyn.
Cela me rappelle quant à moi le passage, assez rapide, de
Coluche
à Radio-Monte-Carlo. Au cours des années 80, il avait
été embauché pour une émission quotidienne sur RMC.
Il avait eu carte presque blanche pour son émission.
La seule limite : ne pas parler de la famille
princière. Lors de sa première émission, Coluche
sort ce dialogue calembourdesque :
-- Tu as vu Monte-Carlo ?
-- Non, mais j'ai vu monter Caroline.