Présents à cette réunion, par ordre d'entrée
en scène :
Michel Rodriguez, qui a mangé un magret de canard,
moi, qui ai mangé un magret de canard,
Philippe, qui a mangé une andouillette,
Une des ses camarade de promo (je n'ai pas retenu son prénom), qui a pris un "chicken taverne",
Stéphane, qui a pris des moules et des frites,
Jean-Christophe, qui n'avait pas faim,
Fabien Penso, qui est arrivé trop tard pour manger,
David, qui est arrivé encore plus tard.
Je tiens à signaler que, compte tenu de la
date
de la réunion, j'étais prêt à déroger
à mes habitudes, et à manger du
veau Marengo. Mais je n'en ai pas vu sur la carte... Tant pis.
Conformément aux instructions qu'il avait reçues sur la liste,
Michel nous attendait au sous-sol. Mais, au sous-sol, il y avait aussi un
vidéo-projecteur, qui montrait le journal de 20 heures, en attendant
de projeter la rencontre de football Moldo-Slovaquie contre
Grand-Duché de Fenwick.
De deux maux, il faut choisir le moindre, et nous avons estimé qu'au
rez-de-chaussée, nous aurions moins de bruit.
Michel est à Paris dans le cadre de la conférence
XML Europe.
Il a présenté un
exposé
sur Perl et XML, dans lequel il a passé la majeure partie du temps
sur les rudiments de Perl. Il y avait 6 personnes à son
exposé.
Après XML Europe, il ira à
YAPC 19100.
Il sait que l'ambiance changera totalement. XML Europe regorge de cravates,
tandis que YAPC serait plutôt caractérisée par les
pieds nus [sandales et tongs, ou carrément rien du tout ?]
Il y a quelques mois, Michel a vu dans un coin du site W3 un passage
signalant qu'il y avait 87 langages de requêtes XML. La situation
a sans aucun doute évolué depuis, et on doit avoir dépassé
la centaine.
Stéphane a découvert l'existence de l'un de ces langages
de requêtes :
Quilt.
Dans la présentation, une phrase nous intrigue :
L'hypothèse est que cela fait référence à
l'expression :
Un chameau est un cheval conçu par un comité.
mais pas du tout à la couverture d'un best-seller de chez
O'Reilly.
La semaine dernière, Stéphane nous avait signalé qu'une
crise
était en train de se produire chez W3, à cause d'une
confusion sur la sémantique des namespaces. Michel n'a pas pu nous donner
plus de détails.
Actuellement, la plupart des développements autour de XML se font en Java.
La raison est que Java est "buzzword-compatible", pour la simple raison que "Java"
est lui-même un mot à la mode.
Unix est basé sur le principe de "fichier à plat". À l'inverse,
XML est basé sur le concept de structure arborescente, tout comme le
nouveau système de fichiers reiserfs. Stéphane se demande
quels avantages il y aurait à stocker les documents XML (donc arborescents)
sur une partition
reiserfs
(donc arborescente).
Stéphane demande si Michel connaît
XML-Term de
Mozilla.
Il s'agit d'un éditeur spécialisé pour
écrire du XML, en tenant compte de la structure
arborescente. Michel évoque Easel, qui devait
permettre d'écrire du SGML sans avoir à tout taper sous
vi ou sous Emacs. Easel doit sortir
incessamment, depuis cinq
ans...
La question que Stéphane se pose est [je cite] : l'API de mozilla est-il assez
puissant pour que le browser devienne le desktop. L'annonce par
ActiveState de
komodo,
un IDE, me le laisse penser. Pour le moment, ca n'est que du vaporware même si ca
enthousiasme Tim O'Reilly. (On dirait que les noms de certains produits sont
pensés pour susciter des couvertures de bouquins O'Reilly.)
Stéphane suggère que les auteurs d'ouvrages techniques utilisent
XML pour mettre en évidence les relations grammaticales entre les
verbes, les sujets et les compléments, ce qui permettrait une traduction
assistée, voire automatique (sauf cas particuliers ; traduire du Larry Wall,
ce n'est pas à la portée de n'importe quelle machine).
Je fais remarquer que la traduction ne respecte pas l'arborescence grammaticale.
En cours d'Anglais, il y a bien longtemps, on m'avait appris à traduire
les verbes avec postposition ("he walked out") de la sorte :
traduire la postposition par un verbe français,
puis traduire le verbe anglais par un complément, adverbe ou autre.
Donc, "he walked out" se traduit par "il est sorti à pied".
Nous avons
appris
qu'Ilya Zakharevitch n'allait plus s'occuper de Perl. C'est lui qui, lors d'une
discussion animée
avec Tom, aurait écrit :
Je ne documente pas les bugs, je les corrige.
Mais Stéphane s'est plongé dans la doc de Perl 5.6.0, et il a pu
constater que malgré cela, Ilya a rédigé un nombre important
de textes POD.
Compte tenu de la présence de la camarade de Philippe, qui pourtant ne
connaît pas Perl,
nous avons parlé de la gent féminine relativement à Perl.
Comme dans toute activité informatique de pointe, le sexe féminin
est faiblement représenté. Néanmoins, nous avons eu
récemment la visite de
Sara,
d'Atlanta. À Boston, Michel connaît
Elaine Ashton. La page web de
Mark-Jason Dominus cite
Kirrily "Skud" Roberts.
En revanche, selon Michel, il semblerait que la personne connue par le prénom féminin
Abigail soit en réalité un homme.
À propos, Michel nous donne l'origine de Happy Fun Ball. Ce nom
a désigné successivement :
un joujou,
dont la publicité à la télévision
était accompagnée de nombreux avertissements : peut provoquer le
cancer, susceptible d'occasionner des déchirures abdominales, et ainsi
de suite (une vingtaine au total),
Nous avons évoqué le site des
Perl Monks. Certains le trouvent mal
organisé, et ont du mal à comprendre la classification des
diverses rubriques. Je raconte que j'ai envoyé une réponse à
une question, une fois. Comme j'estimais qu'il fallait répondre en
détail, j'avais écrit un texte avec plusieurs paragraphes, séparés
par des lignes blanches. Le résultat fut calamiteux : la réponse
est apparue sous la forme d'un infâme blob de texte, sans structure
apparente.
Michel a rencontré
Randal Schwartz
quand il a donné sa conférence
Just Another Convicted Perl Hacker.
Lors de ces "événements", Randal n'a pas cherché à
dissimuler ses traces. Il cherchait
simplement à mettre en évidence des lacunes de sécurité.
Mais, comme il a froissé des susceptibilités, il s'est
retrouvé avec un procès sur le dos... Cela dit, la loi sur
laquelle l'affaire se base stipule qu'il est interdit de faire une quelconque
modification sur un système informatique, sans l'accord du responsable.
En poussant les choses à l'extrême, chaque fois que vous
accédez à une page web, vous écrivez une entrée
dans le journal du serveur http. Donc vous modifiez un fichier sur cette
machine. Et vous n'avez pas l'accord du responsable...
Philippe propose d'organiser un concours sur Perl, avec des lots. Il cherche
en fait à fourguer des bibelots, comme ce dromadaire (en LATEX ?)
qu'il a acheté je ne sais où.
Compte tenu de la présence de Fabien, nous avons appris beaucoup
de choses sur les projets en cours chez
Linux-fr. Cela a commencé
par le projet de serveur de nouvelles
Some NEWS,
dont il a été question
dans un message à la liste PPM quelques heures avant.
Fabien travaille également sur un projet GPL appelé
Dacode.
Il s'agit d'un logiciel répondant aux mêmes besoins que
Slashcode,
pour afficher les dernières nouvelles, indexer les nouvelles un peu plus
anciennes en fonction du thème ou d'autres critères, et ainsi
de suite. Fabien utilise slashdot et les sites
du même genre pour s'inspirer de leur ergonomie, tout en rectifiant ce
qui ne lui plaît pas. En revanche, il n'a pas du tout utilisé leur
code. Il préfère partir de zéro pour le code. Il utilise
mySQL et
PHP.
Il donne un ordre de grandeur pour les statistiques de la page Linux-fr.
Les statistiques s'appuient sur la notion de "visite". Il s'agit de répertorier
chaque numéro IP, mais en limitant la période à une demi-heure.
Ainsi, si vous consultez le site pendant 35 ou 50 minutes d'affilée, cela
comptera pour deux visites. Si je me souviens bien, les statistiques donnaient
12000 visites pour 6000 numéros IP. Cela signifie qu'il s'agit d'un site
où les visiteurs reviennent régulièrement, pas d'un site
où l'on arrive par hasard, et que l'on oublie ensuite.
Fabien nous expose les mesures qu'il prend pour contrer les
spams dans sa
boîte aux lettres électronique. C'est ainsi que tous les messages
avec une pièce jointe de plus de 40 Ko disparaissent sans laisser de
trace. De plus, si un message comporte plus de n adresses au total dans les
champs To:, Cc: et Bcc:, ce message disparaît
également.
Dans le temps, Internet était conçu comme une gigantesque
banque de données, où l'on stocke de l'information. On créait
sa page web, parce que l'on voulait mettre son savoir à disposition
des internautes. Mais on observe un dérapage depuis quelque temps.
De plus en plus, les pages web ne font que reprendre de l'information disponible
ailleurs sur Internet. La quantité d'information n'augmente plus.
On s'en est rendu compte avec le virus
ILOVEYOU.
Les nombreux articles concernant
le virus comportaient une évaluation du coût occasionné
par l'apparition de ILOVEYOU. Mais certains ont cherché à
savoir d'où provenaient ces différentes évaluations, et
ils aboutissaient toujours à la même source. Mais "si c'est
sur Internet, c'est forcément vrai". Il y a peu, on disait "si
la télé le dit...", et auparavant "si c'est dans le journal...".
Une fois qu'une information est stockée dans le net, il est
souvent très difficile de l'éliminer. C'est le cas
même si l'information est devenue caduque. Et ces informations
peuvent ainsi ressurgir à un moment inopportun. Ainsi, lorsque
Michel recherchait un emploi, son futur employeur a effectué
une recherche sur Deja News,
pour savoir ce qu'il avait posté
sur le net. Une autre personne, qui venait d'être nommée
à un poste de responsabilité, est allée sur
The Well, et a détruit
tous les messages qu'elle y avait laissés. La fois précédente
où une personne avait fait cela, cette personne s'était
suicidée par la suite.
La presse écrite a une vision très simpliste du Web. Selon elle,
dans le temps, le Web ne contenait que de la pornographie et de la
pédophilie. Il y a eu ensuite l'euphorie des start-up et des
dot-com. Maintenant, il est toujours question des dot-com, mais avec
un peu de scepticisme (pas trop, les dot-com continuent à
acheter de la publicité dans les journaux). Une telle attitude
revient à considérer la presse écrite comme un tout
homogène, et à mettre dans le même paquet l'Equipe,
le Nouvel Observateur et Newlook !
Il a été question de USENET, et de la
netiquette :
les signatures limitées à 4 lignes,
et précédées de deux tirets
et un blanc (pour permettre une suppression automatique si les ressources machine
sont rares),
ne pas oublier le sujet,
qui doit inclure la mention "hors sujet" ou "off topic" si le message
ne concerne pas directement le thème du forum.
Il y a quelques années, chaque nouvel abonné recevait un exemplaire
de la netiquette parmi les documents concernant son abonnement à Internet.
Etant donné que la plupart des internautes étaient des
étudiants américains à cette époque, on savait
qu'il y aurait des problèmes sur USENET au mois de septembre, le temps
que les nouveaux venus apprennent les usages. Mais depuis la diffusion d'Internet
dans la société, "c'est septembre tout le long de l'année".
La discussion aborde également les abus du web. Michel
parle du site d'une société où il travaillait. Un
commercial avait trouvé génial d'afficher un globe
terrestre en train de tourner. C'était du "server-push". Donc
c'était pire qu'un GIF animé : non seulement cela
détournait l'attention du lecteur, mais en plus cela consommait
de la bande passante ! Jean-Christophe raconte qu'il a commis un
programme qui affichait un petit chat (en s'inpirant d'un programme existant),
lequel petit chat se déplaçait
à la poursuite de la souris. Mais le but qu'il recherchait
était seulement de s'entraîner à la programmation
en Javascript. Cela dit, des gadgets X-Window comme xeyes
peuvent s'avérer utiles dans certaines circonstances : sur
l'écran d'un ordinateur portable, il est plus facile de
retrouver le pointeur de la souris lorsque
xeyes
fonctionne. Il y a longtemps, j'avais trouvé (dans slashdot ?) la page
web de Budd, qui prétendait donner des conseils esthétiques pour
la conception de page web. Cette page était constituée de
GIF animés, avec des slogans en jaune sur fond rouge, écrits
en pivotant de 90 degrés, etc. Dommage, la page a disparu ! Il y a
des émules, mais l'original était pire.
Un autre site slashdotté
vous apporte la réponse à toute
question que vous lui posez. Ce site est basé sur un gadget bien connu
aux Etat-Unis : une boule, que vous secouez dans tous les sens, et qui
vous donne une réponse. Dans le cas présent, la boule se trouve
dans un bâti en Lego Mindstorm, lequel bâti est actionné
par le programme qui reçoit votre question. Ensuite, une webcam filme
la boule, pour afficher la réponse sur votre navigateur.
Certains sites du web n'ont plus qu'une vie végétative. La
machine continue à servir les pages quand on le lui demande, mais le
contenu est toujours le même depuis plusieurs années.
À l'époque où Stéphane travaillait chez Sun,
le prix du terrain dans la Silicon Valley était déjà très
cher. L'un de ses collègues avait donc laissé sa famille dans l'Oregon,
et louait un terrain de 30 m2. Il avait installé
un camping-car sur ce terrain, et il y dormait. Pour prendre sa douche, il se
rendait sur son lieu de travail, chez Sun, et là il disposait de
tout l'équipement indispensable.
Michel nous raconte que lui aussi, il a une douche sur le lieu de travail,
et que, s'il a envie, il peut se rendre au travail en pyjama. En fait, il
travaille à son domicile sur un ordinateur connecté à
Internet ! Il a quand même des contacts avec ses collègues, mais
dans le cadre de vidéo-conférences. Mais cela ne remplace pas
les vraies réunions, où l'on constate que Machin n'écoute
pas, que Truc ouvre des yeux ronds, et que Bidule s'énerve de plus
en plus. D'un autre côté, avec ce système, il est possible
d'établir un autre canal de communication, pour discuter en privé
avec l'un des participants, sans que les autres soient au courant.
Michel et Stéphane comparent leurs avis sur la mentalité
américaine. S'agit-il pour les Américains de garantir la liberté d'expression
totale, ou simplement le droit de critiquer le gouvernement ? D'autre part,
le port d'armes n'est pas aussi répandu qu'on le pense. Notamment,
sur la côte est, quasiment personne ne possède une arme
(les malfrats exceptés). Certaines personnes, comme
Chris Nandor,
n'ont pas l'intention de posséder une arme, mais sont pour la
liberté de posséder une arme. Leur
raisonnement est le suivant.
La constitution est le garant des libertés individuelles. Il est
donc hors de question de modifier la constitution, pour quelque raison que
ce soit. Donc, si la liberté de posséder une arme est inscrite
dans la constitution, elle doit y rester.
À propos de modifier la constitution, nous proposons que le
mandat présidentiel soit organisé sur le modèle
des
haïkus :
un premier mandat de cinq ans, puis un mandat de
sept ans, puis de nouveau un mandat de cinq ans. Introduire
un peu de poésie dans un domaine aussi aride, c'est bien, non ?
Il a été question des algorithmes de cryptographie,
et notamment du paradoxe suivant : on a pu constater que les
algorithmes ouverts
sont relativement sûrs, en tout cas
nettement plus que les algorithmes tenus secrets. Donc, deviner la
clé quand on connaît déjà l'algorithme est
plus difficile que deviner à la fois l'algorithme et la clé.
Ce qui se passe, en fait, c'est qu'un algorithme public foireux
disparaît très rapidement de la circulation, tandis
qu'un algorithme secret restera en place, même si l'on se
rend compte qu'il est foireux.
Suite à l'article de Pike sur l'absence de développements
significatifs dans les logiciels système, quelqu'un fait remarquer
que
tar
n'a pas bougé depuis 1997, et que la dernière version de
gzip
date de 1993... Mais, puisqu'il n'y a aucun nouveau
besoin, pourquoi changer des programmes qui fonctionnent ? Et quelqu'un a
ajouté : "Si tu as quelque chose à dire sur
gzip,
il
travaille à côté."
Il a été question de moto. Je crois que Fabien a participé
à cette discussion :-)